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Lettre pour ma fille, Shiva Nazar Ahari

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La mère de la militante des droits humains Shiva Nazar Ahari écrit une lettre à sa fille
Ma chère fille,
Il semble qu’il soit maintenant normal dans ce monde d’emprisonner pour les crimes de recherche de la liberté et d’amour pour les êtres humains. Voilà plus de six mois que tu es emprisonnée pour ce crime-là. En tant que mère, je suis fière de toi. Tu as toujours été la meilleure et tu l’es encore.
Ma chère fille, quand je suis allée à l’université pour récupérer ton diplôme, tous les fonctionnaires de l’université m’ont félicitée d’avoir une fille d’une telle persévérance et ils m’ont tous dit prier pour que, dans le futur, la prison ne sanctionne plus l’amour des êtres humains et la recherche de la justice.
Et maintenant, je crie à haute voix du fond de mon cœur : c’est moi qui ai élevé Shiva et si quelqu’un mérite la prison, c’est moi, pas Shiva.
Enchaînez-moi donc et libérez ma fille.
Ta mère,
Shahrzad Kariman

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Lettre de Madjid Tavakoli depuis la prison d’Evine – "C’est la volonté de ma nation qui a conduit à la victoire."

Madjid Tavakoli, est un prisonnier politique détenu à la section 7 de la prison d’Evine, auparavant transféré à l’isolement pour avoir critiqué un membre du bureau du procureur de Téhéran. Monsieur Tavakoli, qui a commencé une grève de la faim sèche pour protester contre son transfert est retourné à la section générale d’Evine plus tôt que prévu grâce à sa persévérance et au large soutien qu’il a reçu de l’opinion publique.

Monsieur Tavakoli a informé  HRANA : « J’ai déjà envoyé un message court par ma famille à tous ceux qui m’ont soutenu. A l’époque, j’étais physiquement faible et, à cause du manque de communication à l’intérieur de la prison, je n’étais pas au courant de l’immense étendue du soutien qui m’vait été accordé. C’est avec beaucoup de gratitude et d’humilité que j’ai décidé de m’exprimer dans une deuxième lettre. »

Texte intégral de la lettre :

Je voudrais commencer par exprimer mon bonheur, ma gratitude et mon profond respect à la grande nation iranienne. Je suis ravi d’être né dans un pays où le désir de liberté et d’humanité se complète de qualités essentielles de noblesse, de force et de puissance. Ce grand esprit est une source de lumière pour s’opposer aux maîtres de la tyrannie conspirant dans les ténèbres, invalidant et délavant leur oppression et leur intimidation.


Je suis passé d’une grève de la faim à l’isolement à la vue de la compassion, de l’empathie et de la volonté victorieuse du peuple de mon pays, ce qui m’a fait réfléchir sur les difficultés et l’amertume de ces jours avec bonheur et fierté. Le niveau de sympathie et de soutien exprimés par le  peuple Vert de ma nation m’a laissé sans voix. C’est avec des larmes de joie que je m’adresse humblement au magnifique peuple d’Iran, des larmes de joie qui expriment mon immense gratitude pour leur sympathie, leur gentillesse et leur solidarité. Je les remercie humblement pour leur constant désir de liberté, leur humanité et pour avoir encore une fois prouvé qu’il n’abandonne jamais leurs amis.

Je voudrais encore une fois remercier tous les prisonniers pour leur solidarité  pour parler d’une seule voix. Je veux qu’ils sachent que nous serons toujours ensemble sur le sujet. Je voudrais remercier tous les dirigeants qui ont prouvé qu’ils sont les nobles pères et mères du mouvement Vert. Je voudrais remercier toutes les mères dont les enfants sont emprisonnés et tous ceux qui ont perdu leur conjoint, leur enfant ou leur parent pour la cause. Je voudrais remercier toutes les mères qui ont dépassé leurs rôles d’épouses et de mères de prisonniers politiques et qui sont devenues les combattantes des idéaux Verts de notre nation en ces temps d’oppression et d’intimidation intenses. Je voudrais remercier les nobles jeunes filles de ma nation qui ont fait pleuré ma mère de joie. Elles m’ont donné le plus beau cadeau, savoir ce que c’est d’avoir de vraies sœurs. Je voudrais remercier tous mes frères, les fiers jeunes hommes de ma nation, qui ont prouvé la tête haute qu’ils étaient tous Madjid et que Madjid ne sera jamais seul. Je ne pourrais jamais suffisamment exprimer ma gratitude aux étudiants de notre nation. Je voudrais les remercier de nouveau et je serai à jamais reconnaissant de leur gentillesse et de leur soutien. Je voudrais aussi remercier le personnel de sécurité et de l’administration de la prison et de l’hôpital pour le soutien et la sympathie dont ils ont fait preuve à mon égard. Je les remercie d’avoir tourné le dos à ceux qui ont abandonné toute humanité et sont tellement décidés à donner des leçons qu’ils en négligent  le droit de tous les prisonniers. Enfin, et ce n’est pas le moins important, je voudrais remercier ma famille et plus particulièrement ma mère qui, avec mon père, ont été mes modèles Verts et m’ont appris étant enfant l’importance de la force, du courage et de la sincérité et continuent encore de nos jours.

Il convient vraiment d’appeler le mois de juin le mois du peuple. Je voudrais m’autoriser à regarder cet incident comme une grande victoire, une victoire de la solidarité et de la sympathie témoignées par le peuple. Une victoire pour les médias dynamiques et de la diffusion efficace des informations, une victoire pour les gens qui, sans s’occuper de leurs douleurs et de leurs difficultés, se souviennent les uns des autres, parlent d’une seule voix et enfin une victoire des médias qui ne se pas laissé intimider par les cent degrés de la censure destructrice. Je suis content que cette tyrannie malfaisante ait été révélée. Je suis content que les défenseurs des droits humains aient fait entendre les cris de la nation iranienne demandant la justice au monde entier et aux institutions internationales. Je suis reconnaissant et heureux de savoir que la plus petite information, comme celle de mon transfert de la section commune à l’isolement, ma grève de la faim, la détérioration de mon état de santé, mon hémorragie interne, mon transfert à l’hôpital Taleghani , mon retour à Evin, etc… aient toutes été relatées aussi vite, prouvant que les murs de la censure s’écroulent autour de nous. Tout ceci ne fait que démontrer d’avantage la grandeur de medias indépendants et libres et des journalistes cherchant la liberté, les messagers de ma nation.

Cette victoire, cette solidarité ont été une leçon pour notre futur. Elles nous ont appris que, s’il y a une volonté, et que cette volonté est partagée par tous, alors il y a victoire. La tyrannie ne peut pas toujours cacher son vrai visage. A la fin, elle reculera devant la pression des exigences et des désirs du peuple.

Je voudrais une fois encore exprimer ma gratitude et féliciter le peuple Vert de ma nation.

9 khordad 1389 (30 mai 2010)

Majid Tavakoli
Prison d’Evine, Salle 3 Section 7

Source: Page Facebook d’Ali Tavakoli

http://negar-irani.posterous.com/

Lettre ouverte d’un franco-iranien de 17 ans

Bonjour, amis, amies, journalistes, femmes et hommes politiques et tout simplement femmes et hommes qui voudront bien lire cette lettre.

Il y a de cela une semaine, dans une ville orientale lointaine, une ville de lumières, une ville d’amour mais aussi une ville de haine, de peur et de barbarie, un événement magnifique s’est produit. Dans cette ville, Téhéran, un homme, le cinéaste Jafar Panahi, alors qu’il était emprisonné depuis trois mois dans la sinistre prison politique d’Evin, vient d’être libéré. Qu’a-t-il fallu pour cela ?

Qu’a-t-il fallu pour que soit assurée sa liberté ?

Quelque part, à  des kilomètres à l’Ouest, quelque part où les photographes, journalistes et personnalités de ce monde aiment à se rendre.
Quelque part sur la Côte d’Azur où se déroule le plus grand festival de cinéma de la planète.
Car le cinéma est une famille et que Jafar Panahi en est un membre à part entière, qu’il avait de surcroît été nommé juré à Cannes, et qu’il fallait se battre pour sa liberté.

Or les autorités iraniennes ne l’ont pas laissé s’y rendre ! Bien sûr, tout ceci est aujourd’hui dérisoire, le plus important demeurant sa libération et pas sa présence sur un siège pour regarder des films.
Mais comment a-t-il pu être libéré ?

Bien sûr, il y a eu versement d’une caution (150 000 euros) mais comment le sanguinaire, violent, et inhumain tribunal iranien a-t-il pu libérer cet homme dont les films avaient pour seul tort de montrer le criant manque de liberté dans le pays ?
Ceci a été rendu possible durant ce festival de Cannes, grâce à une énorme mobilisation pour réclamer sa libération, et la lecture par Monsieur le Ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand ,de deux lettres du cinéaste aussi touchantes, choquantes que terrifiantes. Jafar Panahi a en plus pu compter sur les interventions de Juliette Binoche, d’Abbas Kiarostami, de Kristin Scott Thomas et bien d’autre.

La pression internationale de ces hommes et femmes de Culture a-t-elle inquiété ses geôliers ?
Si oui, cela signifie que la Culture, la mobilisation et le combat des lettres a vaincu la politique brutale du Régime Iranien.
Mais, si je vous adresse aujourd’hui cette lettre, ce n’est pas dans le but de me réjouir d’une libération tant attendue et si émouvante, c’est pour lancer un appel.

Depuis le 12 juin, et l’organisation d’élections massivement truquées en République islamique, les Iraniens du monde entier se battent pour changer ce Régime totalitaire qui redoute tant sa défaite. Alors que le Président américain Barak Obama tendait pour la première fois la main aux mollahs, les Iraniens descendaient dans la rue et criaient cette envie de changement. Très vite, ils se sont rendus compte qu’ils ne pourraient compter que sur eux, et que ce n’est que tous ensemble et à leurs risques et périls, qu’ils pourraient changer leur avenir.

Depuis, des centaines d’entre eux sont morts sous les balles des fusils. Comment ne pas se rappeler ces terrifiantes images de Neda, cette jeune et magnifique iranienne, abattue devant nous. Or des Neda, il y en a eu tant d’autres, anonymes, qui n’ont pas été filmées par un téléphone portable. Pire, depuis, certains ont été pendus comme modèle.
Ainsi, en soutien au peuple iranien et à leur lutte,

Je demande aux hommes et aux femmes du monde entier qui ne souhaitent que la liberté, de se battre à leurs côtés.

Je demande aux journalistes du monde entier, malgré leur expulsion d’Iran et donc le manque cruel d’images, de ne pas considérer la révolte iranienne comme une histoire passée et de continuer à en parler.
Je demande à Monsieur le Président Sarkozy de revendiquer explicitement son soutien à la cause du peuple iranien.
Je demande à chacun des Ministres des Affaires Etrangères de la planète de respecter le combat du peuple iranien et de ne pas négocier avec ce Régime assassin.
Je demande à Monsieur le Président Obama de condamner fermement tous les actes de tuerie et de barbarie dont s’est rendu coupable le Régime iranien.
Je demande à tous les chefs d’Etat de ne pas faire l’impasse sur cette révolte et de soutenir ce mouvement de contestation ainsi que d’appeler à la paix, la liberté et la démocratie en Iran.
Je demande aux chefs d’Entreprise occidentaux de laisser pour une fois la loi du marché de côté et de cesser de traiter avec ce Régime aux mains ensanglantées.

Je demande à tous les hommes de Culture de montrer leur soutien avec cette lutte courageuse et unique dans la région par des gestes et actions symboliques telle l’organisation d’événements culturels, de concerts, le port de brassards ou tout autre geste qui pourrait paraître insignifiant mais qui a son importance dans le symbole.

J’appelle le monde entier à comprendre que l’Iran du peuple est à l’opposé de l’Iran des Mollahs.

Je demande la libération de toutes les femmes et les hommes emprisonnés en Iran pour avoir exprimé leur opinion et défendu leurs droits.
Je demande la paix, la liberté et la démocratie pour cette terre lointaine qui, au même titre que la France, est aussi mon pays.

Je vous demande de transmettre cette lettre afin qu’elle soit lue par le plus grand nombre d’entre vous.

Je vous remercie,

Delazad Deghati

Torturé et violé pour avoir protesté dans la section « niche » de la prison

Saeed Valadbaygi 28 mai 2010

Téhéran, le 28 mai – les détenus d’un bloc cellulaire de Karadj surnommé « la niche » sont harcelés et torturés, leurs mains, leurs pieds et quelquefois leurs mâchoires brisés par le traitement brutal du responsable du bloc où ils sont envoyés pour avoir protesté a appris Iran Focus.Saman Mohammadian et Mohsen Bigvand, deux détenus de cette prison de Gohardasht, sont actuellement à l’infirmerie et plus d’une dizaine sont à l’isolement suivant les militants des droits humains et de la démocratie en Iran.

Un autre parmi les nombreux prisonniers de la niche torturés c’est Bahram Tasviri, 30 ans, emprisonné depuis six ans. Il a été mis à l’isolement pendant cinq jours il y a environ six semaines pour avoir protesté contre les insultes que Youssefi, un fonctionnaire de la prison, avait proféré contre sa famille.

Tasviri a demandé à appeler sa famille, mais les gardiens ont refusé. D’après les rapports, le responsable de la niche, Hassan Akharian, a appelé la mère de Tasviri pour lui dire que son fils était mort et qu’ils pouvaient récupérer le corps à l’infirmerie pour l’enterrer. En entendant la nouvelle, la mère de Tasviri a fait un arrêt cardiaque et a du être hospitalisée.

Akharian a alors dit à Tasviri que sa mère était à l’hôpital. Tasviri demanda à appeler sa famille et de nouveau, on lui refusa l’appel téléphonique. Ces cinq jours étaient alors écoulés et il entrait dans le septième. Mais les fonctionnaires de la prison refusèrent de le faire sortir de l’isolement. Il demanda alors à voir le directeur de la prison, mais cette requête fut également refusée. Pour en finir avec cette situation intolérable Tasviri a fini par s’immoler par le feu. Les gardiens ont envahi la cellule, lui ont pulvérisé du poivre dans les yeux et l’ont battu sur la tête et au visage avec des bâtons.

Tasviri a été  emmené dans une autre cellule servant de salle de torture alors que son corps était brûlé. Il était entravé et avait les yeux bandés et a été tellement longtemps torturé avec des bâtons qu’il a eu les mains et les pieds cassés. Puis il a été déshabillé et sodomisé avec des bâtons par Mirza Aqayi, l’officier de service et deux gardes nommés Youssefi et Shirkhani jusqu’à ce que ce prisonnier sans défense s’évanouisse ; les gardes lui ont aspergé le visage pour le faire revenir à lui puis ont continué la même torture. Toutes les tortures ont été faites sous la direction de Hassan Akharian.

Tasviri a ensuite été  ramené dans une cellule individuelle. Il était déshabillé  et sans rien pour se couvrir, sur un sol en ciment humidifié par les gardiens. Tasviri est resté ainsi un mois, les mains et les pieds cassés, le corps blessé, meurtri et sanguinolent. Ses pieds s’infectèrent et il finit par tomber dans le coma, les gardiens furent alors obligés de l’emmener à l’infirmerie. L’infirmerie commença par refuser de l’admettre car il était mourant et ils ne voulaient pas en être responsable. A la fin, le Docteur Razavi l’admit, le ramena à la conscience et dit aux fonctionnaires de la prison qu’il avait besoin d’une opération urgente. Mais Akharian refusa et le remit à l’isolement pendant deux jours au bout desquels il put être opéré à cause de la pression exercée par l’infirmerie.

Les parents de Tasviri ont porté plainte pour les crimes commis contre leur fils en prison et Bahram Tasviri a également porté plainte auprès de l’inspection pénitentiaire. Un individu nommé Réza Torabian l’a menacé lui disant que, s’il ne retirait pas sa plainte, il devrait en subir les conséquences. Il risque de mourir en prison.

Samedi et dimanche Akharian a recommencé à battre Tasviri devant d’autres prisonniers ave une matraque pour le forcer à retirer sa plainte.

D’autres prisonniers sont dans la même situation et certains sont à l’isolement. Il s’agit de Ahmad Ashkan, Reza Djalaleh, Madjid Afshar, Mohsen Bigvand, Taqi Nazari, Mehdi Sourani (mâchoire fracturée suite à des tortures et cependant à l’isolement), Qeisar Ismaili, Madjid Mahmoudi, Nasser Quchanlou, Hossein Karimi, Hamid Ashki, Shir-Mohammad Mohammadi et Hassan Sharifi, à l’isolement depuis six mois sans raison valable et torturé quotidiennement

Source :http://www.astreetjournalist.com/2010/05/28/tortured-and-raped-for-protesting-in-doghouse-prison/

Saïdeh Montazéri: Monsieur. Moussavi, s’il vous plait, réfléchissez un petit peu

Monsieur Mir-Hossein Moussavi, s’il vous plait, réfléchissez un petit peu sur ce que le procureur de Téhéran (Djafari Dolatabadi) a dit. Vous pourriez ne pas prendre les remarques qu’il a faites hier comme un signe de bonne volonté mais l’éthique et les paroles de l’Imam Ali : « Prenez en considération ce qui est dit, pas qui l’a dit. »

Après votre réaction aux récentes exécutions politiques, Monsieur Djafari Dolatabadi a dit de vous lors d’un discours : « Comment ceux qui prétendent suivre la ligne de l’imam peuvent-ils oublier qu’il nous avait appris à résister aux groupes dissidents ?…C’était lui le premier ministre pendant les années où les hypocrites furent exécutés sur l’ordre de l’imam Khomeiny. Comment a-t-il pu obéir alors si l’on considère sa déclaration actuelle ? »

Monsieur Mir-Hossein Moussavi, je n’ai pas l’intention de confirmer ses dires, mais il ne serait pas mauvais d’en conclure que nous devons être critiques, c’est ce dont la société a besoin. Pourquoi avons-nous tous sauvegardé virtuellement l’historique de nos faits et gestes, pour que la future génération puisse nous critiquer ? C’est notre devoir collectif de critiquer notre passé et, en cas d’erreurs, nous devons tenter de les réparer. C’est d’autant plus important pour les politiciens. Avant que la génération future ne critique ces politiciens, ils devraient tenter de faire eux-mêmes leur autocritique. Vous savez bien sûr combien cette critique peut être utile au Mouvement Vert.

Il doit être clairement établi comme un principe critique que personne n’est à l’abri de l’erreur et nous devrions nous baser sur ce Hadith du Prophète : « Tous les enfants d’Adam sont faillibles et les meilleurs réussiront à le reconnaître. »

Dans l’espoir que ce jour viendra

Dans l’espoir de la recherche de la voie de la droiture et de la vérité.