Le coup le plus cruel : la trahison des femmes par les Nations Unies

Aux gardiens de notre monde à l’envers, la “nation” unie.

Les femmes d’Iran sont l’épicentre d’un conflit global entre la liberté des femmes et l’oppression théocratique. Face au régime le plus répressif et le plus violemment misogyne du monde, les Iraniennes ont lutté pour leurs droits pendant les 31 ans qui viennent de s’écouler. Debout sans peur en première ligne dans les rues, rassemblées solidairement au parc Laleh, depuis leurs cellules en prison ou derrière leurs ordinateurs, veillant à ce que les communications passent avec le monde extérieur, les Iraniennes mènent la lutte contre le régime qui pratique la ségrégation des sexes, la république islamique. Non seulement elles mènent la lutte contre la république islamique mais également contre l’islam politique international et la loi de la Shari’a pour ne citer que ces deux points.

C’est une lutte contre un gouvernement qui légalise le viol des fillettes en fixant l’âge légal du mariage à 9 ans, qui punit de 74 coups de fouet le fait de ne pas porter le hidjab en public, qui fixe la valeur de la vie d’une femme suivant le code pénal de la Shari’a à la moitié de celle d’un homme, qui s’assure de la subordination économique intergénérationnelle en stipulant que l’héritage d’une femme ne peut dépasser la moitié de celui d’un homme. C’est une lutte contre un gouvernement hargneux et vicieux qui viole les prisonnières au point de détruire leurs organes reproducteurs, qui les tue en les enterrant jusqu’à la poitrine pour une lapidation à mort ou en les pendant par le cou depuis le ciel à une grue.

Contre le régime islamique dont l’existence même dépend de la subordination et de la répression en général et au premier chef de celle des femmes, les Iraniennes se dressent pour le défier. Et les femmes d’ailleurs observent, car nous savons que, lorsque les Iraniennes descendent dans la rue, cela signifie l’égalité et l’émancipation des femmes dans le monde entier. Nous voulons qu’elles gagnent. Nous savons qu’elles peuvent gagner. Nous aspirons à ce qu’elles sachent que nous sommes solidaires, que notre sort est lié au leur. Et puis…

… même pas une semaine après que l’ayatollah Sedigh ait signalé que le régime se préparait à une nouvelle répression contre les femmes, on apprend la nouvelle. Nous entendons que la Commission des Nations Unies sur le Statut des Femmes, qui se targue d’être « dédiée exclusivement à l’égalité des sexes et à la promotion des femmes » a librement choisi d’octroyer un des ses sièges au régime islamique violemment misogyne. C’est de l’autodérision. Elle a trahi les femmes dans le monde entier par le coup le plus cruel.

La Commission a osé. Alors que des centaines de nos sœurs souffrent en prison parce qu’elles s’étaient dressées pour leurs propres droits, la Commission sur le Statut des Femmes de l’ONU ose s’opposer à elles en accordant au régime islamique un siège à sa table. A peine sait-elle que, ce faisant, la Commission creuse sa propre tombe. Sur la pierre tombale : Obsolescence.

En refusant de répondre aux exigences des citoyens du monde qui recherchent la justice et la liberté, en montrant une hostilité claire envers les femmes d’Iran, la Commission sur le Statut des Femmes de l’ONU a réussi à être totalement hors sujet. Elle a sapé sa légitimité aux yeux du monde pour la dernière fois. Nous n’en supporterons pas davantage.

Les Iraniennes ont payé et continuent de payer un prix beaucoup trop élevé pour une libération partielle qui n’est que leur droit inné. Nous reconnaissons leurs luttes et honorons leurs sacrifices, même si les organisations internationales supposées plaider en leur faveur font défaut.

Il n’y a même pas un an que Néda a été abattue dans la rue par ce régime. Nous n’oublions pas l’histoire de Taraneh Moussavi ni celle de Bahareh Maghami. Nous attendons avec Shirin Alamkoei et Massoumeh Yavari. L’ONU est maintenant directement responsible, au même chef que le régime islamique, de toutes les atrocités commises contre les Iraniennes. Vous tous, hommes et femmes, jouez un rôle dans le viol, l’emprisonnement, la torture, la lapidation et les pendaisons d’Iraniennes. Vous avez librement choisi votre camp.

Nous nous tenons aux côtés des femmes en Iran. Nous nous dresserons contre l’ONU et sa Commission sur le Statut des Femmes aussi longtemps que justice ne sera pas faite: le régime islamique doit être renvoyé de la Commission.

Nous déclarons donc que, tant que le régime islamique sera membre de la Commission sur le Statut des Femmes de l’ONU, la Commission est illégitime.

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