La “Révolution Twitter” d’Iran arrive à Paris

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Par Rory Mulholland

PARIS – La soi-disant « Révolution Twitter » iranienne arrive dans une rue commerçante de Paris jeudi pour une exposition qui reprend quelques unes des milliers de vidéos prises sur téléphone portable par les manifestants anti-gouvernementaux pour les transformer en art.

On avait interdit aux médias internationaux et iraniens de couvrir librement l’énorme vague de protestation déclenchée par la réélection contestée en juin dernier du président Mahmoud Ahmadinedjad.

Mais les Iraniens ont surmonté cette interdiction en utilisant les médias sociaux et les sites de partage d’images comme Twitter, Facebook, YouTube et Flickr, malgré les efforts des autorités locales pour couper les portables et Internet.

Le film montrant une jeune femme, Neda Agha-Soltan, abattue pendant une manifestation a été publié sur YouTube et elle s’est rapidement transformée en un symbole puissant et poignant du mouvement d’opposition.

Les organisateurs de l’exposition parisienne intitulée « Action 1 » ont visionné des milliers de vidéos publiées sur Internet en provenance d’Iran avant de faire leur sélection et la présenter dans une galerie de l’une des rues commerçantes de Paris les plus animées, la rue de Rivoli.

Des rangées de postes de télévision montrent leurs vidéos dramatiques de jeunes jetant des pierres aux forces de sécurité, de policiers anti-émeute les battant sauvagement, et des scènes de pneus et de véhicules enflammés.

Une rangée de neuf écrans montre la même scène de bataille de rue filmée sous des angles différents, au niveau de la rue, depuis les toits et les fenêtres des appartements. On entend souvent la voix de la personne qui filme.

« Eloigne toi de la fenêtre… Il (un policier) charge son arme » dit une voix en Persan, la langue la plus parlée en Iran, dans l’une des vidéos à laquelle les organisateurs ont ajouté des sous-titres en Français.

« C’est un commentaire en direct. Ils parlent en filmant » dit l’une des organisatrices qui, comme les autres, a demandé l’anonymat par peur d’être harcelée par les autorités iraniennes.

L’exposition, qui dure jusqu’au 16 mai, est présentée par un groupe parisien nommé Ruban Vert, le symbole du mouvement d’opposition en Iran.

Le groupe, composé d’Iraniens résidant en France et d’artistes français, de cinéastes et d’autres intellectuels, s’est formé pour soutenir l’opposition iranienne peu après les élections, il y a presque un an.

Les clients de la rue de Rivoli auront droit à une représentation de danse plusieurs fois lors de l’exposition ; ils pourront la voir depuis le trottoir à travers les vitrines constellées de quelques uns des innombrables messages de Twitter envoyés pendant les évènements.

« Cette performance explorera la relation entre le pouvoir et la violence. » déclare le chorégraphe iranien Houman Sharifi qui a emmené sa troupe de danse, Impure Company, de Norvège pour ce spectacle.

Ceux qui s’aventurent à l’intérieur pourront, après les vidéos du rez-de-chaussée, se diriger vers une « pièce noire » à l’étage où une installation sonore fait entendre un chœur de slogans anti-gouvernementaux scandés l’année dernière depuis les toits de Téhéran et d’autres villes.

« A l’époque de la révolution islamique (en 1979), les gens montaient sur les toits pour crier Allah O Akbar (Dieu est grand) pour manifester leur soutien à leur nouveau dirigeant, l’ayatollah Rouhollah Khomeiny » explique l’organisatrice.

« L’été dernier, ils sont monté sur les toits pour crier la même chose, mais cette fois, c’était contre le régime. » Explique-t-elle.

« Action 1 », qui cherche à transformer la vidéo subversive en art, est présentée peut-être de façon adéquate, à Rivoli59, un ancien squat artistique que le propriétaire du bâtiment, la mairie de Paris, a reconnu officiellement.

Le potentiel politique de la vidéo sur portable va bientôt passer un autre examen artistique et culturel dans une autre organisation culturelle parisienne, le Forum des Images.

Le mois prochain, il abritera la dernière édition de son dernier festival innovant du film sur portable « films de poche »

Cette année, il s’intéresse aux « endroits que la caméra (de portable) a saisis dans des pays où la démocratie n’est pas audible comme la Birmanie (Myanmar) ou l’Iran » a déclaré le coordinateur du festival Benoît Labourdette à l’AFP.

« Mais, au-delà du rôle de témoin démocratique, le festival mettra cette caméra en question. Ses images, bien que garantes de la réalité, sont également facilement manipulables et suspectes, » dit-il.

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